- Médiathèque de Villepinte
Pim aime tant les vaches qu'il est devenu apprenti boucher. Il prend cela très à coeur et exerce son métier avec passion.
Ce résumé réducteur questionne... Comment faire un roman avec ce postulat de départ ? Et pourtant, Joy Sorman nous embarque avec poésie dans cet univers plus que réaliste, où l'on suit pas à pas Pim dans sa passion dévorante. Vous ne verrez plus jamais une vache comme avant !
Christelle Merlin - section adulte
Rose McKenna surveille le réfectoire de l'école de sa fille quand survient une explosion.
Dans la panique que feriez-vous ? Sauver le plus d'enfants ou tenter de sauver son propre enfant ? Mais attention aux risques encourus... C'est ce que va vivre Rose.
Roman palpitant, et qui semble très réel. Qui n'aurait pas fait les mêmes choses qu'elle ?
Marhian - section adulte
Nouvelle Crobuzon, ville dantesque, où se côtoient humains, créatures humanoïdes recréées - et dans les entrefonds de laquelle on trouve quelques monstres n’ayant rien de mythologiques.
Voici Isaac, qui vit benoitement entre ses expériences scientifiques farfelues et géniales, son amour franc, fougueux - et caché - pour Lin, une femme-insecte, et ses amitiés avec quelques dissidents et voyoux. Une vie plutôt tranquille, jusqu’au jour où un Garuda, homme-oiseau venu du désert, vient lui demander de lui permettre de voler à nouveau. Isaac entame donc des recherches, qui le mèneront à déchaîner une abomination sur la ville, et qu’avec sa bande d’improbables acolytes, il va s’évertuer à combattre.
Ce roman, aux odeurs de steampunk et de fantasy urbaine, parsemé d’horreur et de magie, est absolument enthousiasmant et très bien mené.
Drôle, fin et sombre, il nous happe dans un monde hallucinant et nous entraîne dans des gouffres d’impensables images.
Mathilde
Dans la Bible, les archanges sont des ambassadeurs, porteurs de la vérité de la parole de Dieu. De quelle autre vérité les Archanges de Taïbo II sont-ils les messagers ? De l'idée que l'échec d'une action n'est jamais un argument contre ses auteurs, ni ne condamne l'idéal qui l'a inspirée. Ainsi Taïbo II, historien et romancier, entreprend-il de «faire l'éloge de la défaite» à travers les récits de vie de quelques figures passées de la révolution tombées aux oubliettes de l'histoire ou que les mythes et les légendes officielles ont défigurées. Leur point commun : le refus du compromis dans l'affirmation de l'idéal comme dans l'action et, au bout du chemin, le plus souvent, la mort.
La volonté de réhabiliter est manifeste («Il n'y a de meilleur hommage que le souvenir», «d'autre amour que la complicité dans l'obsession»). Au-delà du plaidoyer, force est de reconnaître que la «mémoire critique» - une des définitions possibles de l'histoire - ne saurait faire l'économie de la vision des vaincus.
Bruno - section adulte
Un roman poignant sur une famille déchirée au sortir de la guerre d’indépendance du Bangladesh. Bien que placée résolument du côté de son héroïne Maya, femme progressiste dans une société de plus en plus obscurantiste, l’auteure ne condamne pas, à priori, le personnage de son frère qui trouve dans le fondamentalisme religieux la réponse à ses tourments intimes. Essayer de comprendre plutôt que juger, c’est ce qui fait la force de cet ouvrage et de son héroïne qui va tout tenter pour retrouver ce frère et cette famille d’avant la guerre et qui veut continuer à se battre pour les libertés de chacun.
Un roman familial aux personnages forts, une plongée dans le quotidien d’un pays méconnu, un drame psychologique bouleversant, une fresque historique entre la fin de la guerre d’indépendance (1971) et le début de la dictature (1984), une réflexion sur le fondamentalisme religieux, Un bon musulman est tout ça à la fois, alors n’hésitez-pas, lisez !
A noter que Tahmima Anam a déjà mis en scène ces personnages autour de la guerre d’indépendance du Bangladesh en 1971 dans Une vie de choix, son premier roman, également disponible à la médiathèque.
Agnès, section adulte
Dublin, 1916, pendant l’insurrection indépendantiste. Retranchés dans un bureau de poste qu’ils ont vidé de ses occupants, des Irlandais insurgés attendent l’assaut des troupes britanniques. Ils vont mourir, ils le savent et n’aspirent qu’à « figurer dignement dans le chapitre de l’Histoire Universelle consacrée aux héros ».
C’était compter sans Gertie Girdle, une jeune anglaise restée trop longtemps aux toilettes et donc contrainte à leur tenir compagnie. Sa présence et son comportement passablement retors vont bouleverser le projet des révolutionnaires et ruiner leur honneur.
Dévoiler les épisodes de l’intrigue gâcherait la lecture et ne serait pas décent. Sachez tout de même que la morale de la fable est péremptoire mais tristement juste : On est toujours trop bon avec les femmes.
Bruno - section adulte
Radioscopie des souffrances et des espérances de la société contemporaine à travers le quotidien silencieux d'Adel et de sa soeur Yasmine, vivant avec leur mère et leur soeur aînée au milieu des habitants d'un quartier d'Alger au début du XXIe siècle.
Biographie de l'auteur
Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi a fait ses études en Algérie avant de venir à Paris, où elle vit depuis deux ans. Ses nouvelles ont été distinguées par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (2006 et 2008) et par le prix du Festival inter-national de la littérature et du livre de jeunesse d'Alger (2008). L'envers des autres est son premier roman.
Un vrai coup de cœur pour le premier roman de cette jeune auteure algérienne. Un instantané polyphonique des désillusions et des espoirs de ces personnages englués dans leurs quotidiens.
C’est sombre, lucide, poétique. A découvrir !
Christelle Merlin - Section adulte
Insouciants amis bacheliers! Vous qui batifolez dans l'hydromel de votre vie bien huilée, laissez-moi vous conter ma descente aux Enfers, question morbidité ça mérite le détour, c'était comme du plomb qu'on m'aurait couler dans la gorge, et je l'avoue franchement : je l'avais mérité...
L'humour absurde de Iegor Gran s'exprimait déjà dans cette première production où le navrant narrateur nous conte sa déchéance physique et morale à cause de la perte de son baccalauréat. Il faut lire les aventures désolipantes de ce héros qui lutte pour préserver son monde fait de rangement administratif et de parties de jambes en l'air. Depuis, Iegor Gran a notamment dénoncé les turpitudes du développement durable à la sauce hypermarché dans l'Ecologie en bas de chez moi. Une écriture qui ne manque pas d'acidité...
Guillaume, section adulte
Que faire quand on habite la petite ville de C*** et que l'on trouve le temps désespérément long ? Margaux, dix-huit ans, est partagée entre les copains, les livres, l'art de la vanne sèche et les soucis vestimentaires. Et ce n'est pas dans sa famille - mère démissionnaire, père absent et soeur frappée de mysticisme et d'acné juvénile - qu'elle trouvera un divertissement à son ennui.
Apparaît alors une solution - temporaire - à son désoeuvrement. Histoire de s'oublier, elle se jette dans les bras de la bonne bourgeoisie d'Avignon, la grande ville toute proche qui, elle, ne l'oubliera pas. Et la payera, cher.
Call-girl de hasard, elle dépense ce qu'elle gagne en s'achetant fanfreluches et accessoires, notamment le Mac sur lequel elle raconte sa lamentable, joyeuse et trop véridique existence. Entre heurs et malheurs, une histoire faite d'amours vénales, et sans joie. Évidemment, cela ne peut que mal finir.
Premier roman de Margaux Guyon (qui n'a que 21 ans) que l'on imagine inspiré de sa propre jeunesse dans une ville de province. L'écriture incisive et crue est réjouissante et permet une plongée dans les bas fonds de cette jeunesse désoeuvrée.
Emma, section jeunesse
Tout commence dans l’alène, immensité déserte, aride et inhospitalière, où se hissent, de loin en loin, les cités mirandiennes. Sur cette terre de notre très lointain futur, la monnaie la plus précieuse est l’eau. Ici, l’humanité n’est plus tourné que vers l’avenir, dans l’attente du Seuil et de l’avènement d’un nouvel être ...
Ce premier volume, de ce qui est destiné à devenir une trilogie*, nous conduit à Samarante. Pour nous faire visiter la cité, trois guides : Triple A est issu des bas-fond, humain pur jus qui rêve d’escalader l’une des six tours de la cité. Oshugan, dernier survivant de la riche lignée des Sémuramat, a bénéficié ici et là d’améliorations biologiques et n’est plus qu’animé par la vengeance. Et Cinabre la transfigurée, pur œuvre de la biogénie, à l’empathie hors norme, est poursuivie par son inquiétante prédestinée.
On se glisse ainsi dans un univers surprenant, où se mêlent peuplades nomades, organisation médiévale, technologies de pointe, manipulations biologiques, armes climatiques, machines intelligentes et super-calculateurs humains.
Les personnages sont âpres et les âmes sombres ; les décors magnifiques sous la plume poétique de Merjagnan, qui sait fait vivre sous ses mots un chemin dans l’alène, un cargo volant ou la sensation des pas sur les pavés.
C’est une balade à nulle autre pareille, où tantôt l’on court, hagard, pour saisir les personnages et leurs desseins, tantôt l’on s’attarde au détour d’une phrase pour s’en délecter du paysage.
Mathilde, section adulte
et pour en savoir plus sur l'auteur, lire également l'interview de Norbert Merjagnan sur le Cafard Cosmique
* La suite : Treis, altitude zéro, est disponible à la médiathèque. Quand au troisième volume, il est encore en cours de rédaction
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