Ce que je sais de Vera Candida / Véronique Ovaldé
L’Olivier
Résumé et avis de Jeanne Michard
Le destin de trois générations de femmes qui se répète jusqu’à ce que l’une d’elles alors ado et enceinte, quitte son pays pour vivre sa vie hors de ses attaches. Elle connaîtra bien des aventures et finira par trouver la douceur de vivre auprès d’un homme aimant. Malheureusement, atteinte d’une grave maladie, elle va renoncer à finir ses jours dans cette quiétude pour retourner dans son pays natal, espérant que sa grand-mère à qui elle a donné si peu de nouvelles sera encore en vie.
Très bon livre qui marque une évolution du style de l’auteur.
Une année étrangère / Brigitte Giraud
Stock
Laura, 17 ans, est partie en Allemagne comme jeune fille au pair. Elle y découvre d'abord qu'elle ne connaît pas si bien la langue de ce pays. Puis le mode de vie simple, le comportement et les habitudes de la famille qui l'accueille la troublent. Quel est le prix à payer et que doit-elle affronter pour passer l'adolescence et devenir une femme ?
Avis de Christelle Merlin
Un très fort roman sur le pouvoir des mots, de la langue et des non-dits et sur la construction de soi.
L’auteur nous plonge dans l’intime, dans ces moments ou l’on sait que rien ne sera plus comme avant.
La consolante / Anna Gavalda
Dilettante
Résumé et avis de Jeanne Michard
Au cours de ce livre, nous allons rencontrer des personnages tous haut en couleurs dont rien à priori ne devrait les rassembler et pourtant à un moment donné leurs itinéraires vont se croiser et transformer la vie de chacun. Livre attachant.
Paroles d’illettrisme : 8 témoignages, 9 auteurs de bande dessinée
Futuropolis
Dans le cadre d'ateliers organisés par la ville de Blois, L. Brunschwig a recueilli les témoignages de huit personnes qui ont connu des difficultés d'apprentissage de la lecture et ont appris à vivre malgré leur illettrisme. Ils sont mis en images par un collectif de jeunes auteurs de bande dessinée.
Avis de Christelle Merlin
Cette bande dessinée poignante nous confronte par la diversité des témoignages aux multiples facettes de l’illettrisme. Chaque dessinateur offrant son univers propre à ces histoires fortes renforce cette mosaïque de situations et donne à l’ensemble de l’ouvrage sa cohérence.
L’annonce / Marie-Hélène Lafon
Buchet Chastel
Ce récit raconte l'histoire d'une rencontre amoureuse provoquée par une petite annonce entre Paul, un paysan de 46 ans travaillant à Fridières, dans le Cantal, et Annette, une mère de 37 ans, qui décide de quitter son mari alcoolique à Bailleul, dans le nord de la France, pour rejoindre Paul.
Avis de Stéphanie Charpentier
Un très joli livre sur le monde agricole et l’une de ses problématiques importantes : le célibat et la solitude de certains agriculteurs. Une histoire d’amour et de pudeur dans un milieu de taiseux. L’auteur s’est probablement inspiré du film de Raymond Depardon, La vie moderne, qui met en scène des agriculteurs très proches des personnages du livre (duo de vieux oncles célibataires endurcis, neveu qui leur impose sa rencontre, par annonce, avec une femme ayant un enfant…).
Intéressant car il est plus courant de voir des films adaptés de livres que l’inverse…
Voir en parallèle
Profils paysans, 3 : La vie moderne / Documentaire réalisé par Raymond Depardon
La lumière et l’oubli / Serge Mestre
Denoël
Trente-cinq ans après avoir fui l'Espagne franquiste, Esther et Julia, désormais installées en France, se laissent envahir par leurs douloureux souvenirs de l'époque du franquisme et de la guerre civile espagnole.
Avis de Stéphanie Charpentier
Un livre qui m’a été conseillé par un fidèle lecteur et que je remercie pour son conseil avisé (la prochaine fois, j’espère que ce lecteur sera là pour présenter lui-même ses coups de cœur !).
Bref, une très belle histoire qui nous plonge dans les horreurs de la guerre d’Espagne et qui dévoile les atrocités qui ont été commises à l’égard de ceux qu’on nommait « les Rouges ». Le va-et-vient entre les différentes époques permet au récit d’avancer de façon subtile et maintient le suspense. Très intéressant et vraiment poignant.
Mère Cuba / Wendy Guerra
Stock
Nadia Guerra est une animatrice de radio, porte-parole d'une Cuba de l'ombre, sensuelle et rebelle. Elle obtient une bourse pour Paris, lieu de ses fantasmes, mais va aussi rechercher sa mère, Albis Torres qui l'a abandonnée alors qu'elle n'avait que 10 ans. Atteinte d'Alzheimer, Albis retrouve Cuba et Nadia découvre le journal intime que sa mère tenait à la veille de la Révolution.
Avis de Renée Thébault
Un livre non linéaire qui rend bien l’ambiance chaude et sensuelle de Cuba. Très vivant !
Une femme à Berlin : journal, 20 avril-22 juin 1945 / Anonyme
Gallimard
Journal tenu par une femme d'une trentaine d'années à Berlin entre le 20 avril 1945 (quand les Russes étaient aux portes de la ville) et le 22 juin suivant, date du retour de son fiancé. Elle décrit la vie quotidienne dans un immeuble berlinois délabré, habité essentiellement par des femmes, plus quelques vieillards et enfants : une vie misérable, dans la peur, le froid, la saleté et la famine.
Avis de Renée Thébault
Un témoignage vraiment prenant et très intéressant sur le détachement nécessaire à la survie.
Manituana / Wu Ming
Métailié
En 1775 les Iroquois d'Iroquirlande, ainsi que les Ecossais et Irlandais auxquels ils sont apparentés, voient avec inquiétude la quête d'indépendance de certains colons. Pour réaffirmer leur soumission au roi George, ils envoient à Londres une ambassade composée de Joseph l'interprète indien, du guerrier mohawk Grand Diable, de Peter et de Molly la voyante.
Prix Sergio Leone 2007, Salgari 2008.
Avis de Renée Thébault
Un roman épique, plein de poésie où l’on retrouve l’Histoire vue par les vaincus. Œuvre collective réalisée par cinq auteurs italiens se revendiquant comme des artisans de l’écriture.
Les heures souterraines / Delphine de Vigan
Lattès
Résumé et avis d’Olga Bourgary
De très bonnes critiques m’avaient donné envie de lire ce livre. Je n’ai pas été déçue. Delphine de Vigan, sans pathos ni délires moraux, nous fait assister à la descente aux enfers de son héroïne Mathilde et nous fait parfaitement comprendre les suicides de ses collègues en souffrance travaillant dans les grandes entreprises. Son héros, lui, voulait être chirurgien. Un accident stupide le prive de deux doigts, ce qui lui enlève tout espoir de réaliser son rêve. Dite de cette manière, l’histoire peut sembler banale, mais la magie du style de Delphine de Vigan nous prend aux tripes et cela change tout.
Folie douce / James Crumley
Fayard
C’est avec une balle dans le ventre et un mariage qui bat de l’aile que le détective privé Sughrue à Meriwether, Montana, sa ville natale. Tout cela lui a fait passé l’envie de fourrer son nez partout et il ne rêve plus que d’une chose : se ranger. Mais difficile pour lui de refuser son aide à son meilleur ami, le riche psychiatre William MacKinderick dont plusieurs dossiers confidentiels, rangés dans son cabinet, ont été dupliqués. Surtout en échange de 20 000 dollars.
Sughrue décide donc d’enquêter sur les patients de MacKinderick (tous plus excentriques les uns que les autres), persuadé que l’un d’eux est le coupable. Malheureusement, ce qui se présentait comme une petite mission tranquille va très vite virer à l’hécatombe...
Avis de Chantal Messi Courmont
La force de ce roman noir tient surtout à son personnage principal, Sughrue, enquêteur vieillissant particulièrement attachant. L’intrigue est intéressante, originale et assez efficace. Mais on regrettera quelques passages un peu confus, sans doute en raison d’un trop grand nombre de personnages, ainsi que certaines scènes inutilement cruelles. Mais le principal reproche concerne la fin du livre qui, sans être mauvaise, déçoit un peu les attentes que l’on avait eu le temps de se faire durant les 500 pages que dure le roman.
Dictionnaire amoureux du cinéma / Jean Tulard
Plon
(si, si, ça se lit comme un roman)
Avis de Pamela Messi
Plus qu’une encyclopédie, c’est une visite guidée de sa cinémathèque personnelle, presque un autoportrait que dévoile l’historien Jean Tulard dans ce Dictionnaire amoureux du cinéma publié chez Plon.
On percevra évidemment une certaine nostalgie chez ce spécialiste de Napoléon Bonaparte né avec le cinéma parlant. Mais l’homme - pour qui le cinéma pourrait exister sans réalisateurs, sans scénaristes et sans acteurs, mais pas sans cinéphiles - est surprenant et avoue sans rougir une affection particulière pour le cinéma de genre, la science-fiction (“genre cinématographique par excellence”), les “nanars” et autres films de série B.
L’exercice est volontairement subjectif : en vieux briscard des salles obscures, Jean Tulard a ses têtes et se fiche du cinématographiquement correct (Tati l’ennuie), joue l’irrévérencieux face à quelques monuments intouchables (comme le “plaisantin” Jean-Luc Godard) et réhabilite la mémoire des “seconds rôles du cinéma français” (Louis Salou, Saturnin Fabre... qui, souvent, volèrent la vedette aux têtes d’affiche) et de chefs-d’œuvre oubliés (Kongo, de William Cowen, “un choc”). Un hommage élégamment fougueux au septième art.
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